LA CHARTRE-SUR-LE-LOIR

La Chartre à travers l ' Histoire

                                                         Les prieurés de La Chartre

Même s’il n’en reste pratiquement rien, La Chartre possédait jusqu’à la Révolution de 1789 trois prieurés-cures sur son territoire. Le prieuré Saint-Nicolas, le prieuré de la Magdelaine et le prieuré Saint-Vincent de Châtillon. Achetés au moment de la vente des biens nationaux entre 1790 et 1793, ils ont été en grande partie détruits par leurs acquéreurs.

Actuellement, celui de Saint-Nicolas a totalement disparu, de celui de la Madeleine il ne subsiste qu’une partie des communs et celui de Châtillon a été remplacé par une maison bourgeoise qui date des XVIIIe et XIXe siècles.

Le Prieuré Saint-Nicolas

Le prieuré Saint-Nicolas apparaît dans le Cartulaire de Saint-Vincent du Mans à la fin du XIe siècle, (in Le Paige, Pesche, Vallée-Latouche) et en 1110 dans le Cartulaire de la Trinité de Vendôme (in Vallée-La-touche). En 1330, dans le Pouillé du Diocèse du Mans. (in A. Longnon).

Ce prieuré a été fondé par Geoffroy de Mayenne avant le 2 octobre 1082, date du décès de l’Abbé Oderic. Il fait l’objet d’une querelle entre Hildebert de Lavardin, évêque du Mans (1096-1126) et Geoffroy, abbé successeur d’Oderic (1098-1132). Le sujet de discorde en est l’installation d’un cimetière d’abord refusée puis accordée entre l’évêché du Mans et l’abbaye de la Trinité de Vendôme. « Hildebert concourut à la restitution que Geoffroy de Mayenne fit à l’abbaye de Vendôme des trois églises de la Chartre… » (in P. Piolin). Ce cimetière a en partie été recouvert par la rue Percheron qui mène vers Marçon.

Geoffroy de Mayenne ayant, par une charte, fait un don à l’Abbaye de la Trinité de Vendôme des trois chapelles de La Chartre, Notre-Dame, Saint-Nicolas et Saint-Vincent, les Moines de Saint-Julien du Mans en revendiquent la possession. (op. cités). C’est dans cette église que se trouvait la chapelle de Sainte-Croix. (AD-72)

 

Sur le plan du XVIIIe siècle on peut voir l’église Saint-Nicolas et le cimetière qui la jouxte, et de l’autre côté de la rue, le pâti de Saint-Nicolas qui correspond à l’actuelle place Madame Mauclère.

Le 1er pluviôse de l’An II -20 janvier 1794-, les clefs des trois églises de La Chartre, Notre-Dame, Saint-Nicolas et Saint-Vincent sont remises à la municipalité de La Chartre, qui interdit d’y célébrer désormais : «nuls services du culte catholique ni d’autres religions superstitieuses, à peine par les contrevenants d’être punis comme suspects. » (in Abbé Giraud)

 

En 1791, une partie du prieuré de Saint-Nicolas est vendu 14 000 f à Urbain Claveau, hôte à La Chartre, une autre partie à Pierre et Jean Tachereau et à quatre autres acquéreurs pour 17 000 f. En 1793, la chapelle Saint-Nicolas est vendue à Pierre Tachereau pour 5 400 f. (in Legeay)

 

Actuellement il ne reste rien du prieuré Saint-Nicolas si ce n’est le nom de l’actuelle place Saint-Nicolas, beaucoup plus petite que l’emprise du prieuré et des terrains lui appartenant, dont le cimetière.

Le Prieuré-Cure de La Madeleine ou Magdelaine

Le prieuré de La Madeleine dépendait de l’Abbé de Vaas, de l’ordre de Saint Augustin. (in Le Paige, Pesche). Dans son ouvrage sur La Chartre, l’abbé Denis précise : « Le prieuré de la Madeleine était fondé et la paroisse constituée au XVe siècle. Le 28 août 1486, les religieux du couvent de Vaas donnent à bail à Jehan Habert et à Perrine sa femme une pièce de terre près de l’écluse de La Pointe ». Il précise qu’une confrérie de Saint-Julien y est érigée, en donnant une liste de noms entre 1675 et 1684. Le plus ancien prieur connu est Bertran Pinart cité le 11 novembre 1542 pour un achat de rente. Selon l’aveu de Marc-Antoine-François Le Pellerin de Gauville « Le curé de La Magdelaine de La Charte (…) sa maison presbytérale consistant en bâtiments à demeurer, grange, escurie, cours, jardin et pré, contenant le tout un arpent cinquante six chaînées, joignant : d’orient à la rue de la Magdelaine, à la Maladrerie, d’occident à (…) un cours d’eau entre eux ; du midi à la rivière le Loir, et à l’Église et cimetière de La Magdelaine, et du Nord à (…) ». (AD-37) La proximité de la rivière exposait l’église et le prieuré à de très fréquentes inondations, dont les plus importantes eurent lieu en 1562,1583, 1606, 1615 et 1651.

L’unique cloche de La Madeleine a été coulée le 18 décembre 1675 et fut nommée Anne, comme sa marraine Anne de Gennes épouse de Marc-Antoine de Courtoux. Deux nouvelles cloches furent coulées et bénies le 10 octobre 1774, nommées Marie-Madeleine et Louis-Pierre-Catherine, offertes par le prieur d’alors, Louis Filleul, qui les paya de ses propres deniers.

En page 169, l’Abbé Denis cite Pesche en son dictionnaire : « De ses quatre ou cinq églises, La Chartre n’a conservé que celle de la Madeleine, petite, fort vilaine, mais très ancienne, à ouvertures cintrées et semi-ogives, et dont la cloche est placée à l’extérieur sous un balai, à une quinzaine de pieds seulement au-dessus du sol. Insuffisante pour l’exercice du culte, on s’occupe des dispositions nécessaires pour en édifier une nouvelle plus appropriée au besoin et à l’importance de la localité. » L’Abbé Denis raconte qu’elle « fut détruite il y a cinquante ans. » Son ouvrage ayant été publié en 1901, cela se serait passé vers 1850. L’église actuelle, Saint-Vincent qui l’a remplacée, ayant été édifiée en 1830, on peut considérer qu’elle a été démolie une quinzaine d’années plus tôt que ne le dit Pesche, soit aux environs de 1835.

Sur le plan de la Ville de La Chartre datant du XVIIIe siècle, outre le cimetière et l’église de la Magdelaine, figurent la maison et le jardin du prieur de la Magdelaine, le pré du prieur de la Magdelaine et le verger du prieur de la Magdelaine. Sur ce plan on voit très nettement le bâtiment des communs, actuellement (XIXe siècle) encore existant.

À l’emplacement de l’église s’élève une construction du XIXe siècle qui a longtemps abrité l’Hôtel-de-Ville de La Chartre, et qui depuis les années 2000 est occupée par la Poste. Le pré du prieur correspond à la place de l’Hôtel-de-Ville et à la mairie actuelle, ancienne Caisse d’Épargne. Derrière le bâtiment de la poste il y a le presbytère, reconstruit au XIXe siècle également. De la partie ancienne ne subsistent que des communs, qui pourraient dater du XVIe siècle, et dont le niveau du sol est situé un bon mètre plus bas que la cour de l’actuel presbytère.

Parmi les ventes de biens nationaux, il n’est pas fait mention des bâtiments, seuls deux prés furent vendus. Le premier « Pré de la prairie de la Madeleine, appartenant à la cure de Saint-Vincent » a été vendu en 1792 à Pierre Brisard de La Chartre, pour 1 875 f, et le second en 1793 « Pré à la cure de la Madeleine» à Louis Tachereau tanneur à La Chartre, pour 7 075 f. (in Legeay)

 

Le Prieuré-Cure Saint-Vincent de Châtillon

Dès le XVe siècle, les chanoines réguliers de Vaas possédaient à Châtillon un prieur-curé dédié à Saint-Vincent. Le prieur tenait du seigneur de La Chartre : « son prieuré consistant en maison, manable (habitable), grange, escurie, cour, jardin, vignes, terres labourables et non labourables, bois, buissons, pastures, contenant le tout six arpents, y compris l’église et le cimetière dudit Sainct-Vincent de Chastillon, la place qui est devant l’église ». (in Abbé Denis)

 

Le premier prieur dont le nom nous est parvenu est frère Jehan Mintier, qui loua le 26 août 1465 à Étienne Cormier et à sa femme Jeanne un aître aux Quarrefours. Parmi les prieurs successifs, retenons, Jacques Vaidie (1710-1748) qui en 1717 bénit la grosse cloche de la paroisse de Châtillon, et Louis-Noël Dubois (1762-1792) qui dota l’église d’une sonnerie de trois cloches, nommées Vincent-Anne-Marie, Bonaventure et Louis-Noël. (in Abbé Denis)

Le bâtiment du prieuré de Châtillon, d’après l’acte de vente du 25 août 1998, daterait de 1475, ce qui semble inexact compte-tenu des informations précédentes et suivantes. Des bâtiments actuels, plus rien ne semble dater du XVe siècle.

Le prieuré de Châtillon a été vendu comme bien national entre 1790 et 1793. La chapelle, était dédiée soit à Saint-Vincent, soit à Saint-Jean, si l’on tient compte du nom de la fabrique de Saint-Jean de Châtillon. Lors des ventes des bien nationaux, le presbytère de Châtillon a été vendu en 1790 à Louis-Jean Clairian de Château-du-Loir pour 5 179 livres, en 1791 la Métairie de la Benivienne -actuellement « Les Belles y viennent »- appartenant à la cure de Châtillon à Pierre Tachereau bourgeois et à onze autres acquéreurs pour 30 200 f. En 1793, une vigne et un champ appartenant à la fabrique de Saint-Jean de Châtillon ont été adjugés à Claude Bourreau, aubergiste, à La Chartre pour 800 f. (in Legeay)

 

Si on regarde le plan de 1813, dit Cadastre Napoléon, un seul bâtiment parallèle au Loir apparaît. Est-ce la chapelle, qui serait l’unique rescapée des démolitions postérieures à la Révolution de 1789 ou un bâtiment construit à la fin du XVIIIe siècle qui existe encore de nos jours?

Dans l’ouvrage de l’Abbé Denis, en page 193, la Fig. 11 présente un dessin à la plume du Prieuré de Châtillon, signé L. M. Bullot. Maison de deux niveaux avec un toit à quatre pans, une porte centrale en haut d’un perron de trois marches, une fenêtre de part et d’autre et à l’étage trois fenêtres dont une au dessus de la porte, dans le toit une mansarde centrale et deux cheminées sur les croupes, et sur le côté un mur comportant un portail voûté. Le tout datant sans doute de la fin du XVIIIe siècle.

Sur une carte postale postée dans les années 1960, ce bâtiment existe toujours. Il est prolongé par un autre bâtiment plus massif et compact, comportant lui aussi une porte centrale avec deux fenêtres de part et d’autre en rez-de-chaussée, trois fenêtres à l’étage, ainsi qu’une mansarde centrale dans le toit à quatre pans également, mais à la Mansard, typique de la fin du XIXe siècle.

Sur le cadastre de 1969, en section AH sur le lot 108 il y a un bâtiment parallèle au Loir, qui semble plus important que celui dessiné sur le plan de 1813, un grand bâtiment perpendiculaire et quatre petits bâtiments dont deux dans la cour ainsi formée et trois un peu éloignés aux lots 106, 110 et 112. Le terrain est grand, il recouvre les numéros 104, 105, 106, 107, 108, 109, 110, 111, 112 et 113. Sur le cadastre actuel (janvier 2018) les bâtiments sont identiques. Le chemin d’accès porte le numéro 487.

Si l’on s’en tient à l’aspect des bâtiments existant actuellement, ils dateraient de la fin des XVIIIe et XIXe siècles, alors propriété de M. Bullot. Ils ont abrité avant la guerre de 1940 et jusque dans les années 1960 la pension de famille de Madame Boufflet.

                                                        L’orgue de l’église Saint-Vincent

L’église Saint-Vincent de La Chartre-sur-le-Loir, Inscrite au titre des Monuments Historiques en 2007, possède un orgue romantique.

Resté pratiquement dans son état d’origine, ce qui est très rare, cet orgue a été dans un premier temps Inscrit (partie instrumentale et buffet) au titre des Monuments Historiques en tant que mobilier, le 3 mai 2022. Dans un second temps, il a été Classé au titre des Monuments Historiques en tant que mobilier, dans sa totalité, le 26 mars 2023.

En effet, il a été conçu spécialement pour cette église par le facteur d’orgue parisien, Henri Thébault (1805-1892). Ce dernier venu installer l’orgue en 1860 a été séduit par le charme de la petite ville et de la vallée du Loir. À tel point qu’il est venu en 1869 pour y vivre sa retraite, avec son épouse, décidant même d’être enterrés dans le cimetière de La Chartre. Leur tombe est entretenue par les membres des Amis de l’Orgue de La Chartre, association qui organise chaque année plusieurs concerts afin de faire rayonner cet instrument dans le département et au-delà.

Le  récit de l’orgue est réalisé avec 37 notes de Fa à Fa et les jeux d’anches du Grand Orgue sont divisés en basses et dessus.

il a été relevé par le facteur d’orgues, Louis Debierre de Nantes en 1896, qui le décrit comme comportant 2 claviers, 12 jeux. C’est sans doute à ce moment-là que la Voix céleste a été ajoutée et le pédalier de 30 notes, de Ut à Fa, mis en place. Ce même Louis Debierre commença son apprentissage dans l’atelier de Henri Thébault, situé 146, rue de Vaugirard à Paris.

L’orgue de Saint-Vincent a été restauré en 1930 par l’abbé Tronchet et inauguré par le chanoine Fauchard, organiste de l’église de Laval, le 18 mai 1930.

Ensuite, plusieurs devis ont été effectués, en 1953, en 1969 et en 1970, mais aucun n’a été suivi de travaux. Ce qui est une chance, car cela a permis qu’il reste pratiquement dans le même état que lorsque de sa fabrication en 1860, et c’est, entre autres, une des raisons qui ont motivé son inscription puis son classement. En effet, rares sont les orgues de cette époque, fin XIXe siècle, qui n’ont pas été remaniés et modifiés au cours du XXe siècle.

Lors de son inspection en 2018, en vue de son inscription, puis de son classement, il a été décrit comme possédant un Grand Orgue de 54 notes, un Récit expressif de 54 notes, un Pédalier de 30 notes.

 

                                                     Les vitraux de l’Église Saint-Vincent

                                                                

Dans l’église Saint-Vincent de La Chartre-sur-le-Loir, construite entre 1830 et 1834, sur les plans de l’architecte départemental et dioscésain, Pierre-Félix Delarue, à qui avait été confiée la restauration de la cathédrale Saint-Julien du Mans, une série de dix vitraux a été installée, entre 1894 à 1901. Ils furent créés et réalisés par le peintre-verrier Jean-Prosper Florence, successeur des maîtres verriers Lobin, de Tours.

Ces vitraux de gauche à droite en faisant le tour de l’église, retracent des épisodes de la vie des Saints, dont certains ont un rapport très proche avec la ville de La Chartre.

Saint-Nicolas (1897), ressuscitant les trois enfants mis dans le saloir par le boucher-charcutier, rappelle le prieuré Saint-Nicolas créé au XIe siècle et dépendant de l’abbaye de la Trinité de Vendôme : « St Nicolas patron autrefois d’une église à La Chartre ». Déjà en ruine à la Révolution de 1789, ce prieuré fut vendu comme bien national et détruit au début du XIXe siècle. Il était situé où se trouve l’actuelle place Saint-Nicolas. Une autre légende le concernant a inspiré le blason de La Chartre, orné d’un bateau. Saint-Nicolas accomplit un miracle en sauvant un bateau et son équipage d’un naufrage. Les deux crosses figurant sur le blason rappellent que Saint-Nicolas était évêque de Myre (Asie Mineure) au IVe siècle. Il est le saint patron des enfants et des marins.

Marie-Madeleine (1900), en prières dans une grotte, recevant la visite d’un ange portant un crucifix. C’est elle, pécheresse, qui aurait essuyé avec ses cheveux les pieds du Christ, lors du chemin le menant au Calvaire. Ce vitrail rappelle l’existence d’un des prieurés de La Chartre : « Ste Marie-Madeleine patronne autrefois d’une des paroisses de La Chartre ». Le prieuré-cure de la Madeleine, fondé au XVe siècle en même temps que la paroisse, dépendait de l’abbaye de Vaas, de l’ordre de Saint-Augustin. La rue sur laquelle il était situé en a gardé le nom.

Saint-Joseph (1895), menuisier en compagnie du Jésus enfant, et travaillant tous deux dans l’atelier de menuiserie de Joseph, époux de Marie. Ce vitrail est placé en face de celui représentant la Vierge Marie.

Saint-Vincent (1897), ce vitrail dans le choeur, représente le patron des vignerons. C’est une référence au Prieuré de Saint-Vincent de Châtillon, dépendant des chanoines réguliers de Vaas, qui donna son nom à la nouvelle église paroissiale de La Chartre. Construite en 1830-1834, elle remplaça celle de la Madeleine devenue trop petite. Le prieuré-cure de Châtillon existait déjà au XVe siècle, la paroisse de Châtillon était alors indépendante de La Chartre. À la Révolution de 1789, Châtillon fut rattaché à La Chartre. Au premier plan, Saint-Vincent porte la palme du martyre et tient dans ses mains les burettes contenant le vin symbolisant le sang du Christ, derrière lui, l’ancien clocher de Lhomme et des scènes de vendanges aux Jasnières, la récolte du raisin dans les vignes et dans une cave creusée dans le roc les vignerons s’activent autour du pressoir. Ce vitrail est signé J.P. Florence.

Saint-Julien (1897), ce vitrail de l’autre côté du choeur représente l’un des premiers évêques du Mans accomplissant un miracle. En frappant le sol de sa crosse d’évêque, Saint-Julien fait surgir une source où une jeune fille vient puiser de l’eau. Ce miracle se serait produit au Mans où la cathédrale porte le vocable de Saint-Julien. Au fond du vitrail, les murailles de la ville du Mans.

À Poncé-sur-le-Loir, la même légende a fait construire l’église paroissiale sur le plateau au dessus du village, une source y ayant été découverte, elle serait due à un autre miracle de Saint-Julien. De plus, la paroisse de La Chartre dépendait du diocèse du Mans lors de l’édification de l’église actuelle.

Sainte-Marie « Je suis l’immaculée Conception » (1894), avec Bernadette Soubirous en prières, au pied de la Vierge qui lui apparaît dans la grotte de Massabielle, à Lourdes (Hautes-Pyrénées). La Vierge lui serait apparue 18 fois en 1858, alors qu’elle avait 14 ans.

Sainte-Anne (1899), la mère de Marie apprend à lire à sa fille. Sainte-Anne est aussi la grand-mère du Christ. Elle est la patronne des femmes exerçant des métiers manuels : couturières, blanchisseuses, dentellières, brodeuses… et des matrones qui président aux naissances.

Saint-Martin (1901), coupant son manteau de centurion romain pour en offrir la moitié à un mendiant. Saint-Martin fonda l’abbaye de Marmoutier, à Tours, dont on voit les murailles sur le vitrail. La Chartre se trouvant à égale distance du Mans et de Tours, ces deux saints, Martin et Julien sont présents dans l’église de La Chartre. La basilique Saint-Martin où est inhumé le corps du saint était un lieu de pèlerinage très important au Moyen Âge, à tel point que si un pèlerin, souhaitant se rendre à Saint Jacques-de-Compostelle, Tours est sur le Chemin de Saint-Jacques, ne pouvait pas aller plus loin, il était considéré comme ayant accompli son pèlerinage.

Les deux autres vitraux de part et d’autre de l’entrée de l’église ne présentent qu’une série de croisillons. Ils sont d’ailleurs en partie cachés par la tribune qui donne accès à l’orgue.

                                                     Les vitraux de l’Église Saint-Vincent

                                                                La Chartre-sur-le-Loir

Dans l’église Saint-Vincent de La Chartre-sur-le-Loir, construite entre 1830 et 1834, sur les plans de l’architecte départemental et dioscésain, Pierre-Félix Delarue, à qui avait été confiée la restauration de la cathédrale Saint-Julien du Mans, une série de dix vitraux a été installée, entre 1894 à 1901. Ils furent créés et réalisés par le peintre-verrier Jean-Prosper Florence, successeur des maîtres verriers Lobin, de Tours.

Ces vitraux de gauche à droite en faisant le tour de l’église, retracent des épisodes de la vie des Saints, dont certains ont un rapport très proche avec la ville de La Chartre.

Saint-Nicolas (1897), ressuscitant les trois enfants mis dans le saloir par le boucher-charcutier, rappelle le prieuré Saint-Nicolas créé au XIe siècle et dépendant de l’abbaye de la Trinité de Vendôme : « St Nicolas patron autrefois d’une église à La Chartre ». Déjà en ruine à la Révolution de 1789, ce prieuré fut vendu comme bien national et détruit au début du XIXe siècle. Il était situé où se trouve l’actuelle place Saint-Nicolas. Une autre légende le concernant a inspiré le blason de La Chartre, orné d’un bateau. Saint-Nicolas accomplit un miracle en sauvant un bateau et son équipage d’un naufrage. Les deux crosses figurant sur le blason rappellent que Saint-Nicolas était évêque de Myre (Asie Mineure) au IVe siècle. Il est le saint patron des enfants et des marins.

Marie-Madeleine (1900), en prières dans une grotte, recevant la visite d’un ange portant un crucifix. C’est elle, pécheresse, qui aurait essuyé avec ses cheveux les pieds du Christ, lors du chemin le menant au Calvaire. Ce vitrail rappelle l’existence d’un des prieurés de La Chartre : « Ste Marie-Madeleine patronne autrefois d’une des paroisses de La Chartre ». Le prieuré-cure de la Madeleine, fondé au XVe siècle en même temps que la paroisse, dépendait de l’abbaye de Vaas, de l’ordre de Saint-Augustin. La rue sur laquelle il était situé en a gardé le nom.

Saint-Joseph (1895), menuisier en compagnie du Jésus enfant, et travaillant tous deux dans l’atelier de menuiserie de Joseph, époux de Marie. Ce vitrail est placé en face de celui représentant la Vierge Marie.

Saint-Vincent (1897), ce vitrail dans le choeur, représente le patron des vignerons. C’est une référence au Prieuré de Saint-Vincent de Châtillon, dépendant des chanoines réguliers de Vaas, qui donna son nom à la nouvelle église paroissiale de La Chartre. Construite en 1830-1834, elle remplaça celle de la Madeleine devenue trop petite. Le prieuré-cure de Châtillon existait déjà au XVe siècle, la paroisse de Châtillon était alors indépendante de La Chartre. À la Révolution de 1789, Châtillon fut rattaché à La Chartre. Au premier plan, Saint-Vincent porte la palme du martyre et tient dans ses mains les burettes contenant le vin symbolisant le sang du Christ, derrière lui, l’ancien clocher de Lhomme et des scènes de vendanges aux Jasnières, la récolte du raisin dans les vignes et dans une cave creusée dans le roc les vignerons s’activent autour du pressoir. Ce vitrail est signé J.P. Florence.

Saint-Julien (1897), ce vitrail de l’autre côté du choeur représente l’un des premiers évêques du Mans accomplissant un miracle. En frappant le sol de sa crosse d’évêque, Saint-Julien fait surgir une source où une jeune fille vient puiser de l’eau. Ce miracle se serait produit au Mans où la cathédrale porte le vocable de Saint-Julien. Au fond du vitrail, les murailles de la ville du Mans.

À Poncé-sur-le-Loir, la même légende a fait construire l’église paroissiale sur le plateau au dessus du village, une source y ayant été découverte, elle serait due à un autre miracle de Saint-Julien. De plus, la paroisse de La Chartre dépendait du diocèse du Mans lors de l’édification de l’église actuelle.

Sainte-Marie « Je suis l’immaculée Conception » (1894), avec Bernadette Soubirous en prières, au pied de la Vierge qui lui apparaît dans la grotte de Massabielle, à Lourdes (Hautes-Pyrénées). La Vierge lui serait apparue 18 fois en 1858, alors qu’elle avait 14 ans.

Sainte-Anne (1899), la mère de Marie apprend à lire à sa fille. Sainte-Anne est aussi la grand-mère du Christ. Elle est la patronne des femmes exerçant des métiers manuels : couturières, blanchisseuses, dentellières, brodeuses… et des matrones qui président aux naissances.

Saint-Martin (1901), coupant son manteau de centurion romain pour en offrir la moitié à un mendiant. Saint-Martin fonda l’abbaye de Marmoutier, à Tours, dont on voit les murailles sur le vitrail. La Chartre se trouvant à égale distance du Mans et de Tours, ces deux saints, Martin et Julien sont présents dans l’église de La Chartre. La basilique Saint-Martin où est inhumé le corps du saint était un lieu de pèlerinage très important au Moyen Âge, à tel point que si un pèlerin, souhaitant se rendre à Saint Jacques-de-Compostelle, Tours est sur le Chemin de Saint-Jacques, ne pouvait pas aller plus loin, il était considéré comme ayant accompli son pèlerinage.

Les deux autres vitraux de part et d’autre de l’entrée de l’église ne présentent qu’une série de croisillons. Ils sont d’ailleurs en partie cachés par la tribune qui donne accès à l’orgue.

 

Les habitats troglodytiques

Le flanc du coteau que longent les rues Nationale, de Châtillon et Saint-Nicolas est percé d’ouvertures creusées dans le tuffeau. Ces habitats troglodytiques sont les demeures sans doute les plus anciennes de la ville. Étagés sur plusieurs niveaux, l’accès s’en faisait par un escalier creusé dans la pierre calcaire.

Chaque logement comportant une porte, une fenêtre et une cheminée se composait d’une seule pièce mesurant environ 15 m2. Ces habitations furent occupées jusque dans les années 1975, par une population assez pauvre.

Quand la grotte creusée dans le coteau était au niveau de la rue, elle servait d’étable ou d’écurie. C’était le cas, au bas de la rue de Châtillon où, derrière l’auberge de l’Étoile, il y avait une grande cave qui servait d’écurie pour les chevaux de la malle poste. Cette écurie était encore utilisée après la guerre de 1914-1918. Les bâtiments de l’auberge n’ont été démolis qu’au début des années 1960, pour élargir la rue de Châtillon.

             

                                                 L’apparition des lavoirs au XIXe siècle

Dans l’Antiquité il est d’usage de se rendre aux thermes, au Moyen Âge aux bains publics. Cette habitude a disparu… Louis XIV se serait baigné trois fois dans sa vie… dont une lorsqu’enfant il tomba dans un bassin aux Tuileries! Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on pratique « la toilette sèche » : on ne se lave pas, mais on change de linge. L’eau est soupçonnée de donner des maladies. On ignore la relation entre la propreté et la santé. Si on se baigne, on a peur d’avoir froid, d’attraper du mal. On pense que la crasse protège contre les maladies. L’usage du bain complet est un rite de passage, naissance, mariage et décès. L’eau est rare, sa quête en campagne : une corvée réservée aux femmes ; en ville : aux porteurs d’eau.

Jusqu’au XIXe siècle, on pense que les épidémies sont des punitions du Ciel. Louis Pasteur (1822-1895) met en évidence la relation entre les linges souillés et la transmission des maladies infectieuses : choléra, typhoïde, variole… Le courant dit « hygiéniste » naît alors. Les communes doivent fournir à leur population des équipements : fontaines pour l’alimentation, abreuvoirs pour le bétail, lavoirs pour le linge. Les municipalités outre l’entretien des chemins, des églises, doivent construire écoles, mairie et lavoirs.

Après la Révolution de 1848, l’Assemblée Législative vote, en février 1851, des crédits pour favoriser la création d’établissements modèles de lavoirs et de bains publics, gratuits ou à prix réduits pour les grandes villes. À ce moment-là, les communes reçoivent de menues subventions du département. Elles font appel à des souscriptions en argent ou en nature (matériaux, journées de travail) pour compléter leurs finances et se doter de lavoirs communaux.

En 1870, l’école est chargée de prôner les vertus de la propreté. Un manuel à l’usage des écoles publiques explique : « (…) la malpropreté est contraire à nos intérêts puisqu’elle compromet la santé et nous expose aux épidémies. La propreté est un devoir social. (…) » (in La France des lavoirs – C. Lefébure – 1996) De 1870 à 1920, répondant à ces nouvelles conceptions de l’hygiène, les municipalités construisent des lavoirs couverts dans les villes et hameaux. La République généralise l’Instruction Publique (lois Jules Ferry) et le progrès scientifique et technique. Le lavoir communal constitue un monument essentiel au nouveau culte de la propreté.

À La Chartre, les lavoirs communaux sont construits de 1902 à 1912. Sur le Loir, ruelle de La Gravelle, rue de Châtillon et place Saint-Nicolas, ainsi que sur la Bouère à la Maladrerie, sur le ruisseau des Caves aux villages de la Fontaine et des Caves. Les lavoirs sur le Loir, pour s’adapter au niveau de l’eau -différent en été, période de basses eaux, et en hiver, période de hautes eaux- sont dotés d’un plancher mobile. Les laveuses le font monter ou descendre grâce à un système de rouets ou moulinets, agrémenté de roues dentées à cliquets et équipé de chaînes qu’elles manoeuvrent grâce à un treuil ou une manivelle.

Le lavoir de la Maladrerie

Joseph Maris, propriétaire de la scierie, établit un premier devis en 1904 : bâtiment en briques de 6 m de long, charpente en chêne, couverture en tuiles de Bourgogne ou en ardoises. En 1909, un second devis est établi. Construit en 1912 pour huit laveuses, le lavoir ne mesure que 5 m : « Plus grand, le maniement en serait plus difficile, sinon impossible, surtout pour des femmes. » Murs en moellons, jambages et arêtiers en brique belge, chevrons en bois blanc, plancher avec bâti en coeur de chêne, charpente, planches, rouets de relevage, planche à laver et porte à glissière en chêne, toit en tôle ondulée. Coût : 1 234, 75 F -devis du 17 août 1909-.

Les planchers mobiles des deux lavoirs communaux, encore existants sur le Loir, ont disparu. Il n’en reste que les murs, le sol fixe et la base en ciment, devant et au-dessus desquels venait se placer le plancher mobile. Le lavoir de la Gravelle n’a plus de toit, celui des Caves a un toit en tôle ondulée. Le lavoir de la Maladrerie est couvert en tôles de fibro-ciment. Le lavoir, rue de Châtillon, restauré par la municipalité au printemps 2019, a troqué son toit de tôle pour un toit d’ardoise tout neuf. Ses murs, refaits en parpaings de ciment vers 1924 -date écrite sur un mur- ont retrouvé leurs belles pierres d’origine en tuffeau.

 

Le lavoir de l’école des garçons, rue de la Madeleine

Construit en 1858, en même temps que la demeure de Monsieur Rouleau, il apparaît sur un plan trouvé aux archives du Mans. Cette propriété, achetée par la commune en 1880, a accueilli l’école des filles, puis en 1909, l’école des garçons. Le lavoir est devenu celui des instituteurs. Vers 1955, y logeaient, au rez-de-chaussée, Monsieur Dornic, directeur de l’école des garçons, au premier étage, Madame Rivière, directrice de l’école des filles. Ce lavoir est devenu public pour les gens de la rue. À cette époque, une laveuse, Madame Poisson, venait y rincer le linge de ses pratiques. Avec sa brouette remplie du linge encore fumant de « la buée » faite à la buanderie, elle traversait la rue et la cour de l’école pour aller le rincer au lavoir…

Le lavoir de Châtillon

Ce petit lavoir prévu pour 3 ou 4 laveuses a été construit au bord du « Bras des Moulins » un détournement du Loir, alimentant les Grands Moulins. Ses murs, à l’origine en tuffeau, ont été en partie remplacés par des parpaings de ciment sans doute en 1924, car cette date était gravée dans le ciment. Couvert d’ardoise, il a été recouvert d’un toit en tôle vers 1950. Les murs ont été refaits en tuffeau par la municipalité en 2019, et la toiture est à nouveau en ardoise. Le goudron qui recouvrait le sol devant le lavoir a alors été remplacé par des pavés de grès provenant de la Grande Rue (rue nationale) lors de sa restauration.

Le lavoir de la Gravelle

Il est situé dans la petite impasse de la Gravelle, dont l’accès se fait par la rue François Coudreux, en face de l’ancienne école privée Sainte-Marie. Ce petit lavoir communal a été édifié en tuffeau et ardoise. Actuellement, n’en subsistent que les murs.

Le lavoir de Saint-Nicolas

Ce lavoir, situé au bord du Loir, dans les anciens jardins du prieuré Saint-Nicolas, a été démoli lorsque l’immeuble HLM fut construit en bordure de la place Saint-Nicolas, dans les années 1960.

Le lavoir des Caves

Le devis de 1902, est établi pour deux lavoirs, l’un au village de la Fontaine, le second à celui des Caves. Coût pour deux lavoirs : 1 000 F -devis du 7 août 1902-. Construits sur le ruisseau des Caves, la hauteur d’eau était régulée par deux vannes, ou portillons en bois de chêne, pour maintenir un niveau constant. Il n’était donc pas nécessaire d’y adjoindre un plancher mobile. Au contraire des autres lavoirs placés au bord du Loir ce n’était pas le lavoir qui montait ou descendait mais le niveau de l’eau qui était régulé à la hauteur de la planche à laver. De ces deux lavoirs, il n’en subsiste qu’un, aux Caves. Il est possible d’apercevoir les vestiges de l’autre, car le vannage qui lui permettait d’avoir de l’eau est encore visible à la moitié de la rue en partant du bas. Actuellement, ses murs en brique et son sol, également en brique, existent toujours. Le toit, à l’origine en ardoise, avait été remplacé par des tôles peintes en vert dans les années 1950. Restauré par des membres de l’ASLVL* en mai 2022, il a retrouvé sa toiture d’ardoise…

La Chartre compte beaucoup de lavoirs privés, quarante, voire soixante. Chaque propriétaire d’une maison dont le jardin était bordé par un bras du Loir a voulu son lavoir pour y « laver son linge sale en famille ». En effet, le linge… révèle la vie intime ! De nombreux lavoirs privés ont été construits à La Chartre entre 1850 et 1950. Le plus connu d’entre eux, celui en brique rouge que l’on voit depuis le pont de la Madeleine, a été construit en1902.

 

Le début de ce texte a été largement emprunté à l’ouvrage « Lavoirs en Sarthe » écrit par Janine Chartier et Annie Louveau, de Patrimoine et Lavoirs en Sarthe, paru en mars 2015. Epuisé, il est consultable gratuitement sur Internet.

* aslvl-info@orange.fr – Facebook : aslvl – site: https://lavoirs-en-sarthe.fr

                                                      Les personnalités chartaines

 

Georges Touchard-Lafosse (La Chartre/Loir 1780 – Paris 1847)

Journaliste, éditeur et antiquaire. il fit paraître une série d’ouvrages illustrés sur les provinces françaises qui préfigurent les guides de voyages modernes. Il écrivit également différents ouvrages dont « Les Chroniques de l’Oeil-de-Boeuf » sorte de journal tenu par une (fausse) comtesse, paru en 1829, ainsi que « La petite Histoire de Blois et du blésois (des origines au XIXe siècle) paru en 1855, ou encore « Histoire des environs de Paris » édité en 1834.

L’Abbé Louis-Jean Denis (Le Mans 1868 -1934)

Érudit et historien à ses heures, il fit des recherches aux archives départementales et diocésaines  de la Sarthe et publia de nombreux ouvrages, notamment à thème religieux ou généalogique, dont un livre consacré à La Chartre intitulé : « Histoire de la Ville et du Château de La Chartre-sur-le-Loir. Paru en 1901, cet ouvrage fut à nouveau édité en fac-similé en 1965 par l’imprimerie et libraire Aveline. Le Livre d’Histoire en a fait une seconde réédition, parue en 2002.

Henri Thébault (Mantilly – Orne 1805 – La Chartre/Loir 1892)

Facteur d’orgue parisien, en 1850 il construit l’orgue de Saint-Léger à Cognac (Charentes), en 1852 il restaure l’orgue de Prades (Pyrénées-Orientales), en 1855 il relève l’orgue de L’Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales). En 1862 il reconstruit l’orgue de Vinça (Pyrénées-Orientales), et en 1865 il construit l’orgue d’Ernée (Mayenne). En 1859, Louis Debierre commença son apprentissage dans l’atelier de Henri Thébault : 146, rue de Vaugirard à Paris.

Henri Thébault conçut et fabriqua l’orgue de l’église Saint-Vincent de La Chartre en 1860. Lorsqu’il vint installer son orgue dans l’église, il fut séduit par le charme de cette petite commune, à tel point qu’il vint y vivre sa retraite avec son épouse, en 1869. Ils vécurent rue du Gravier (actuelle rue François Coudreux). Ils sont enterrés tous deux au cimetière de La Chartre. L’Association des Amis de l’Orgue a pris en charge la restauration de leur tombe, que ses membres entretiennent régulièrement.

Louis Rustin (Paris 1880 – Clichy 1954)

Inventeur, il ouvrit un atelier de rechapage de pneumatiques en 1903 dans le 17e arrondissement de Paris. Sportif, il participa à de nombreuses courses de bicyclette, et entama des recherches pour pallier les innombrables crevaisons. En 1908, il créa avec son associé, Jean Larroque, une bande de cuir à coller dans l’enveloppe des pneumatiques. En 1922, installé à Clichy, il mit définitivement au point la petite rondelle de caoutchouc : la « Rustine », pour laquelle il déposa des brevets comme pour la protection de la couche collante et la languette pour faciliter la séparation des Rustines. En 1933, l’usine Rustin, installée à La Chartre/Loir, produisait 28 millions de Rustines par mois. Connue dans le monde entier « Rustine » est devenue un nom générique.

Jeanne Bourin, née Jeanne Mondot (Paris 1922 – Le Mesnil-le-Roi 2003)

Romancière très attachée à La Chartre où, enfant, elle passait ses vacances avec sa soeur Marie-Aimée chez leurs grands-parents, les Laudereau. Ils habitaient une grande maison (démolie dans les années 2000) tout en haut de la rue de Châtillon, bordée d’un très grand terrain donnant sur la route de Tours et qui allait jusqu’au cimetière. Devenu le parc communal, il s’appelle toujours « La Garenne ». Écrivaine, elle a fait paraître de nombreux romans historiques dont le plus célèbre intitulé « La Chambre des Dames » est paru en 1979. Son dernier roman, publié en 1994, intitulé « La Garenne » se déroule précisément à La Chartre.

Micheline Masse (La Chartre/Loir 1932 – Bagnolet 2017)

Peintre autodidacte, elle a peint beaucoup de tableaux représentant la vallée du Loir, mais également la Bretagne et Venise. Elle se déplaçait sur une Mobylette bleue à laquelle était attachée une petite remorque où elle transportait son matériel de peinture, pour aller peindre « sur le motif ». Elle a obtenu de nombreux prix, dont le prix du président de la République Georges Pompidou, en 1973, et le prix du Conseil général de la Sarthe qui lui fut remis à l’abbaye de l’Épau, en 1985. Une exposition hommage lui a été consacrée du 17 au 19 septembre 2021 et une place lui est dédiée depuis le 25 mai 2018 à La Chartre, derrière la mairie, au bord du Loir, qu’elle aimait tant.

Michel Boillot (Colmar-Haut-Rhin1935)

Peintre céramiste, et son épouse, Jeanne-Noëlle Flandrin (Paris 1933 – La Chartre 2020) peintre elle aussi, sont arrivés à La Chartre/Loir en 1964, sur le conseil des céramistes Thierry Robert et Chantal son épouse et soeur de Jeanne-Noëlle Flandrin. Leur grand-père, le docteur Charles Latron, était médecin à Poncé, dont il avait acheté le château et où ses petites filles venaient passer leurs vacances. Ils ont participé à de très nombreuses expositions en France. Une rétrospective leur a été consacrée du 24 juillet au 1er août 2021 à La Chartre. De nombreuses plaques de céramique réalisées par Michel Boillot sont placées sur les maisons de La Chartre. Un parcours ludique, proposé à travers les quartiers de La Madeleine et de Saint-Nicolas, permet de les découvrir en s’amusant.

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